jeudi 25 août 2011

Rouge c'est bête

dans la collection "Jamais" pour les livres pauvres de Daniel Leuwers,
six exemplaires manuscrits par Serge Ritman sur des peintures d'Aaron Clarke


Rouge c’est bête



dans la chambre les peintures voient

la nuit en diable tu rougis nos bêtes

c’est l’éveil de toutes tes mains plus

que deux notre bon lion cénobite et

son âne l’a mangé tu es mon apostasie

toutes s’embrassent nos bêtes c’est feu

à la vie à la mort jubilons en vers c’est

éclair d’œil
et lion vit
ton cri
gémissement
et dans les oreilles reste seulement a-a-a
jouis rouge tu ris












mardi 23 août 2011

Ancet & Clarke : Lumière mortelle

Jacques Ancet & Aaron Clarke, Lumière mortelle, éd. centrifuges, 201120 exemplaires numérotés et signés par l'auteur et l'artiste (à commander pour 60 euros à Armand Dupuy, La Ville 69470)
Jacques Ancet commence par "on entre" et c'est exactement ce que fait le travail d'Aaron Clarke : "entrer". Plus précisément l'un et l'autre entrent dans l'inconnu ou plutôt avec, par et pour. Et "la neige le recouvre et l'éclaire" - l'ombre du papier calque - vient comme rendre impossible la mesure de "ce qu'on ne sait pas" dans le bond deux pattes avant de l'animal - mais seraient-ce pas nos intérieurs - comme aime à nous le(s) faire sauter l'artiste. Et alors Jacques Ancet rebondit : c'est "la lumière trop vive d'être mortelle" où le silence de ce bleu jusque dans son recouvrement nous trouve en plein infime "entre journal et nuage, cette trace / dans l'air, de la lumière qui se retire". 
Voilà donc un livre fait main(s) qui nous sort et nous introduit hors toute image, c'est la force d'un emportement, soudain, sans savoir vers... 
On ouvre le livre et on est complètement vers
Merci à Jacques Ancet et Aaron Clarke de nous y avoir accompagné : tout l'insensé du poème jusque dans ses plis de papiers et couleurs.


lundi 22 août 2011

dire bondir avec Aaron Clarke


Serge Ritman



dire bondir


avec
Aaron Clarke




dire bondir tu jubiles sautes et te jettes
l’âme le cœur avec c’est tout le corps suit
et c’est l’air l’île les étoiles en nuit rouge

jamais pour retomber sur pattes ou cartes
tu sautes dans tomber à la vie insensée
à la mort peaux-rouges nos voix muent

m’hurlent toujours des gestes sans savoir
quand bondir avec notre inconnu pousse
ton petit diable ma bête c’est je-tu vers nous




éd. centrifuges, août 2011, manuscrit sur des peintures en quatre exemplaires

Mon jour c'est ton bonjour


Serge Ritman
avec
Max Partezana

Mon jour c’est ton bonjour

me lève et me couche en toi
parle en toi et te répète en moi
tu es sans repos dans le lit de
nous

couvrir          enfouir           de rire

tu es nombreuse chaque instant aime
chaque phrasé en milieu entre explose
et fend chaque mot syllabe phonème
                  aime

compter          raconter          de voix

nous c'est recommencements nuits
et jours sans arrêt sauf de vie sans retour
l'obscur de ta lumière vient éblouir
                  à vif

l’orée                  la buée         tu te lèves

long en aube temps et ta robe rouge dessous
y suis mon jour c'est ton bonjour tu bouges
inventions de voix de toi inflexions tu me
débordes

et la nuit issue belle je rêve tes rêves

nous nous parlons en aveugle tu vises
juste et nos naissances sans cesse de nous
tout fait vie partout ici vite c’est double six

t’écrire secrète
te taire voix haute
nous faire saut
élan de nous

vendredi 19 août 2011

sis (extraits)

du fond du quai jusqu'au départ t'ai 
approchée à la voix transmise
et l'impossible de te voir tu me guidais et te décrivais
et ne voyais rien alors tu m'as pris en bras
et c'est tout qui nous a vu attachés des lèvres et des voix
la première fois 
à l'estime c'était tout le dehors aux ondes 
dedans ta bouche mon ombre
puis tes yeux bus dans les yeux à un doigt les deux dans 
les deux ne voyions rien venir nos pas c'est 
nous 
nous venions à l'aveugle seule tu 
me voyais et tu fermais longtemps les yeux longtemps c'est 
lumineux trop
et je chute pas moyen de prévoir la rencontre la poésie la gare l'amour tout
se fait dans la pure myopie de nos yeux trop grands en fond d'oeil où ça
mord morsure de vie à mort certaine
tu m'appelles dans ton inconnue 
- c'est féminin pas fin où l'invisible qui vient
dans ta chambre de voix l'oeil a l'âme près de lui


aphasie c'est qui du fond de quelle cellule
je crie et n'aurai réponse
comment ça va dans le bleu azur quand la gare
en tombeau hurle c'est noté de 9.08
à 16.30 puis comme explosé en plein vol il chute et 
pas un mot

pas silence 
se taire pas 
d'air le silence 
volubile gagne tout et 
me la boucle

lazare tout perdu sa vie et sa mort 
avec

arrivée mais nous c'était départ jamais 
destination
feu ! pas crève ! je les mets où 
les rêves lazare hurle jusqu'aux tiges
de coquelicots de juillet ses photo
graphies elles brûlent ça 
pue enfumés tes calculs
sans décompte nécrosés les testicules limés 
pour n'être
pas 
orphée eurydice m'a échographié l'enfermement 
sans même me retourner le train du taire
le pain d'enfer à broyer l'oiseau mon rouge
gorge décapité tu peux choisir la robe rouge
j'irai pisser tout mon sang
mon ombre à traîner tenter de hisser
aux sandales mais pourquoi la faim disparaître
tuer l'ombre même gagner ton fantôme
j'obéis à ces initiales de queue aucune initiation
quelle vie quérir  sans chérir
me hisse vers toi tout bas tout bas si




samedi 9 juillet 2011

et nos rêves


















tout commence j'aime
écrire dans vivre
radicalement
ce même mouvement

tu arrêtes mon souffle
court
entre deux voix
féconder un coquelicot

en fleurs d'été le rouge
résiste
et les blés
n'iront pas au grenier

au creux du poème

je cours lier ou lire
délier la foule des fleurs
et délire
dans l'écriture de ton souffle

d'or

je te lis
déliée dans écrire toujours
en boucle pas un jour sans
tu me dis

arrêtés par un seul
souffle
et nos rêves

Diérèse n° 52-53, printemps 2011: Thierry Metz


Diérèse n° 52/53 (« Thierry Metz »), printemps 2011, 328 pages, 15 € chez Daniel Martinez (8, avenue Hoche – 77330 Ozoir-la-Ferrière)


Cet important numéro de la revue de Daniel Martinez se lit presque entièrement[1] avec Thierry Metz (1956-1997), «  poète ascendant étoile  » écrit Isabelle Lévesque ouvrant l’œuvre continuée : elle y multiplie les rendez-vous des amis (sans attestation autre que la voix la vie) comme des rencontres en impossible et alors on peut répondre Thierry Metz, sa voix dans les voix (l’inverse en renverse) d’une revue s’écrivant se lisant : « Tu nous écris pour recommencer ».
Le vivre et l’écrire l’un dans et par l’autre : Thierry Metz, engage chacun dans ses recommencements : passages d’expérience : « ce pas est le mien / de lier sans attacher / l’être dont je suis la trame ». Expérience du poème-relation. Aucune familiarité si famille ; pas plus main mise de savoirs mais éthique de rencontres essentielles et seulement sur le seuil. Alors de poète à poète ou d’homme à homme : pareil défi de vraies rencontres, de liens qui ne s’achèvent, de formules qui ne cessent de faire relance, de reprises toujours en terre inachevable et, avec le poète-maçon (Journal d’un manœuvre, Gallimard, « L’arpenteur », 1990), de maison insituable. Pas de visite guidée donc ou d’archives classées mais ouvrir encore et encore : portes et fenêtres au vent d’airs inconnus, de « résonance intime » au fil de vivre : le pas façonne la marche, l’avancée. Je tourne les pages dans tous les sens : s’envolent des secrets, des oiseaux chaque fois au plus près des gestes d’écriture de Thierry Metz (De l’un à l’autre, Jacques Brémond, 1996) : invention continuée si lecture-écriture éclaire.
Suis pris – tout lecteur et chaque contributeur – dans ce mouvement de l’inconnu de tout en devenant homme-oiseau : nidification et envols incessants et toujours en chemin de ciel même « où il se sépare ». Cependant s’il bâtit « toutes sortes de maison », « Moi seul peut en sortir. Mais pour t’y faire entrer ». Thierry Metz en hôte : renverse du sens, du souffle : voix passante d’une retenue qui volubile d’imperceptible, de peu qui fait de tout.
Alors aucune clé – caché où : dans des gestes d’invite, d’accueil et violents de saisissement, d’emportement pour des creusements, recouvrements, arrachements, la force de faire disparaître tout reste qui ne fait la vie. Thierry Metz, L’homme qui penche (Pleine page, 2008) : force d’une main (cals et vals : syntaxe de paume) posée sur la bouche à la voix brûlée : paroles devenues cendres et cendres paroles : le fils Vincent disparu sous ses yeux et le monde sans argent comptant mais tout l’or du temps. Alors : poème grandissant au risque de vivre en mourir. Oui, travail des mains qui portent (ou crient quand Isabelle Lévesque met le point d’exclamation aux éd. de l’atlantique, 2011) Terre (Opales, Pleine page, 1997) :
nuit après nuit
vers un mur plein jour
sur la table inventée
du fond de la vie
Poème qui essaie ici peut-être Thierry Metz.
J’ai compris enfin puisque « Tu nous écris pour recommencer », que j’étais « rouge-gorge » dès qu’en écriture. De corps à corps, de vie à vie, le poème dans son insuffisance émerveillée, sa soif de lèvres brûlantes, d’ailes imperceptibles, de souffles imprévisibles.
Je n’ai pas fini de lire Thierry Metz avec Diérèse et ses lectures avec Thierry Metz. Toujours un autre chemin, une autre graine.

Tout ce numéro rassemble brassées de poèmes de partout : témoignages, parcours de l’édition, poèmes avec, lettres en entretiens et poème et roman (Le Grainetier : une terre promise) et un carnet entier (Le Carnet d’Orphée) et des reprises de revues, une traduction italienne de L’Homme qui penche, des lectures en points de vue et enfin pour continuer toujours, des partages. Thierry Metz écrit toujours. On peut encore trouver en librairie nombre de ses livres (bibliographie bien utile) et on attend outre les inédits en nombre dans ce numéro d’autres à paraître vite.
Thierry Metz, au croisement de nos voix.

Serge Martin



[1] Toujours la rubrique « bonnes feuilles » entretient la lecture en cercle : ici avec quatorze lecteurs – cercle des amitiés en poème.


Diérèse n° 52-53, printemps 2011: Thierry Metz
Un numéro orchestré par Isabelle Lévesque (force d'un avec : "Si seul écrire éclaire // (invente)") et l'animateur de la revue, Daniel Martinez, qui en a parlé dans l'émission poétique de Christian Saint-Paul du 26 mai 2011 :
à cette adresse, on peut écouter : http://www.lespoetes.fr/son/son%20emision/110526.wma
A lire absolument dans l'écrire de l'un et l'autre.
On peut commander chez Daniel Martinez
8, avenue Hoche 77330 Ozoir-la-Ferrière

voir la note d'Alain Helissen sur Poezibao:

samedi 2 juillet 2011

tes doigts d'or


les petites jouent les pédales de l'or
comme dans mon oui
tu entends le souffle qui t'attend

de l'or un bonjour en gorge
déployé jusqu'à la mer
une vie en un mot qui n'attend pas

les grandes accourent sur tes doigts
d'or avec mon non ordinaire
pour te dire joue fort comme la mort


samedi 9 avril 2011

Pour Henri Meschonnic: entre tes lignes


Serge Bénard sur son blog "Filière Livres" nous le rappelle: il y a deux ans, le 8 avril 2009, Henri Meschonnic nous laissait sa vie:
Il y a deux ans:
et aujourd'hui comme hier et bientôt demain, son présent :

entre tes lignes
(N.B.: quelques lignes entre les lignes d'Henri à la p. 59 de Nous le passage)

la lumière
dans un sourire qui élargit
nos mondes un tour et un tour
sur cette terre
ronde
dans un rire une danse de l'air
un rythme pour encore
commencer les commencements
comme le cri de l'oiseau
vite ouvrir la voix
dans la voix
et encore voir
plus grand que lui
la nuit dans ce jour luir
en constellations d'un penser traduire
aimer vivre fuir
sort de lui
pluriel d'un singulier
emportant chacun dans ce
passage comme une théorie de voix
tu vis

samedi 2 avril 2011

Ben-Ami Koller à Mont-de-Marsan


Ben-Ami, l'ami, entre deux toiles
tu nous donnes face dans les visages
et si les coulures font mes pleurs
ton amitié écorchée forme le regard
jusque dans la relation infinie de ta vie

samedi 12 février 2011

dix-huit jours c'est deux fois neuf


dix-huit jours c'est deux fois neuf

ils ont tout mis à neuf ces anonymes qu'on n'entend pas
dans nos habitudes ils ont tout l'avenir de l'inconnu
l'Egypte n'est pas notre passé mais un demain qui chante
aujourd'hui ils ont tout mis à neuf ces cris et silences
dans des gestes qui effacent les certitudes des calculs
ils ont tout mis à neuf jusqu'aux bases des pyramides
les touristes ont fini de les voir à l'envers ils viendront
enfin pour goûter les paroles libres des paysans du Nil
ils ont ont tout mis à neuf seulement en dix-huit jours


samedi 5 février 2011

Hommage à Edouard Glissant disparu le 3 février 2011

Prix Renaudot en 1958 (la photo ci-dessus de cette époque), Edouard Glissant est surtout connu pour deux notions qui tendaient sa poétique : la relation ( Poétique de la Relation, Paris, Gallimard, 1990) et le tout-monde ( Traité du Tout-Monde, Paris, Gallimard, 1997) que la créolisation venait concrétiser multiplement. J'ai discuté depuis longtemps (cela a commencé ici: http://martin-ritman-biblio.blogspot.com/2010/02/edouard-glissant-le-divers-peut-il-se.html) la première notion, la Relation (Glissant met la majuscule signalant qu'il s'agit plus d'une philosophie que d'une poétique), mais ce contre a toujours été un tout contre et son livre Les Indes ( Les Indes, Un champ d’îles, La terre inquiète, Paris, Seuil, 1965. L’auteur date le premier et le second ensembles respectivement de avril-juin 1955 et novembre 1952, le troisième est sans date) a toujours été pour moi un grand livre de poèmes. Le texte ci-dessous écrit à la fin des années quatre-vingt-dix vient témoigner de cet attachement. On continue tout contre avec Glissant.



Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes

Louis Aragon[1]

Le livre de poèmes, Les Indes (op. cit.), vise « l’épopée » (p. 127) : six chants proposent une double traversée par-dessus une « mer éternelle » qui fonderait une nouvelle civilisation, celle de « la relation ». Relevons les titres des six « chants » (Glissant signale dans chaque « programme » de présentation qu’il s’agit bien à chaque fois d’un Chant) : « L’Appel ; Le Voyage ; La Conquête ; La Traite ; Les Héros ; la Relation ».

La femme-continent ou la relation-origine : l’Inde dans le mythe

Nous ne lirons pas l’intégralité de cette épopée de la conquête d’un continent par l’Occident, par l’occidental et « son amour si rouge » (p. 99). Nous lirons de près le dernier chant, non seulement parce que son titre nous le demanderait mais parce qu’il constitue le chant final et donc l’ouverture à l’œuvre glissantienne qui va suivre. Toutefois, nous aimerions auparavant fixer un des problèmes de l’écriture épique de Glissant : celui qui concerne l’allégorie qui fait de l’Amérique une femme. C’est « La Conquête » ou « tragique Chant d’amour avec la terre nouvelle » (p. 89) qui nous en donne les éléments essentiels. Dix sections constituent ce chant. On y entend la « parole du capitaine » (p. 91) qui dirige « les amants » de « la vierge » :

Leur langage te sera viril, ô terre, ô femme éblouie, ton sang rouge mêlé à ta glaise rouge. (ibid.)

C’est donc une femme qui symbolise cette Inde nouvelle, si l’on excepte la sixième section (poème XXXVIII, p. 96) qui propose une pluralisation de cette « femme » :

[…] femme des rives, femme des brousses, femme

De terres rouges, de volcans ; et puis sur le Plateau où l’on descend, femme des villes ! (ibid.)

Cette pluralisation est la description d’un corps morcelé qui renforce l’allégorie elle-même. Les valeurs de l’allégorie sont celles que la femme des mythologies prend toujours : figure de l’origine, de l’éternité et donc de l’absence d’histoire que les clausules de sept poèmes sur dix réaffirment :

Mais le rivage sommeillait dans son éternité. (p. 92)

Mais la forêt bruissait dans son éternité. (p. 93)

Et la montagne tressaillait dans son éternité. (p. 94)

Mais la ville pleurait, très douce, dans son éternité. (p. 95)

La femme se taisait, si belle, en son éternité. (p. 97)

Mais la terre gardait, si nue, le vœu de son éternité. (p. 98)

Or la terre pleurait, sachant qu’elle est l’éternité. (p. 100)

La virginité (« la pucelle dénudée », p. 99) et la beauté (ci-dessus, p. 97) font la seconde valeur mythique de la femme-Amérique. La pureté vient évidemment confirmer cette configuration de valeurs qui associe la passivité et la lascivité, la primitivité et la beauté, la nudité et l’éternité… à la femme éternelle. On a donc bien, dans une tentative épique post-coloniale, un retour du schème occidental de base qui associe la femme, le primitif, la terre, le corps dans des dichotomies qu’on ne cesse de décliner pour éviter de penser.

Nous aimerions admettre qu’« avec les Indes, soudain, le poète élève la voix la plus puissante qu’on ait entendue depuis Saint-John Perse » et que « ces six chants, […], marquent une immense métamorphose du langage et de la pensée », ainsi que le dit Jean Paris en quatrième de couverture, mais nous nous permettons de douter qu’une telle reprise des principaux éléments traditionnels du mythe occidental de la femme-nature soit d’augure à métamorphoser le langage et la pensée.

Peut-être que « la mère inaltérable — une Femme fut vue, qui se leva dans l’aube » et qui « traverse la parole », que Glissant fait intervenir dans l’avant-dernier « Chant » (p. 111)— modifie cette allégorie trop caricaturale ? N’est-elle pas l’alba des troubadours ? À l’incipit du « Chant » :

Elle paraît au matin ; […] (p. 113)

Ou alors n’est-elle pas plutôt une de ces Néréides, Vénus en personne, Aphrodite sur les eaux ?

L’homme la presse contre lui, ne voyant d’elle que ce mystère de ses lèvres, jaspes d’écumes. (p. 114)

Et encore ne serait-elle pas la République qui se lève, comme dans un tableau de Delacroix ?

On connaîtra que celle qui éveille est Liberté, douce ou torride, au bas du jour. (p. 116)

« (Mais il est temps de l’avouer déjà.) » (ibid.) : n’est-ce pas la déesse du culte vaudou, ou « la prêtresse » (p. 118) de « la géhenne et la forêt torride » (p. 116) ? Le dernier poème du « Chant » la désigne « Liberté » (p. 121) mais ne serait-ce cette « Inde » que tous les chants évoquent ? Le premier « programme » ne signalait-il pas déjà ce rapport du rêve au réel, de l’homme à son désir :

L’imagination crée à l’homme des Indes toujours suscitées, que l’homme dispute au monde. […] Le rêve s’épuise dans son projet. L’homme a peur de son désir, au moment de le satisfaire. (p. 68)

Et cette déclinaison des Indes nous en apprendrait tout autant[2] :

Les Indes sont éternité. (p. 74)

Mais les Indes sont vérité. (p. 77)

Mais qui peut, ô marins, se déprendre des Indes ? (p. 82)

Inde je te dirai. Inde de l’Ouest : afin que je regagne mon rêve.

Afin que rien ne soit perdu, de ce songe effaré ! L’image est bonne, je la garde. (p. 97)

C’est l’Inde de souffrance après les Indes du rêve. (p. 101)

[…] ces Indes déchirées (p. 111)

L’Inde est imaginaire, mais sa révélation ne l’est pas. (p. 114)

Terre née d’elle-même, pluie des Indes assumées. (p. 119)

Quelles Indes l’appellent ? (p. 123)

L’épopée : légende de la Terre ou de l’Humanité ?

C’est alors le dernier « chant » qui nous livre une nouvelle allégorie : l’Inde est toujours à l’horizon une « image » du désir de l’homme. Entre les deux, « la mer est éternelle » (p. 123), dit Glissant, et c’est la relation. Ce que nous allons vérifier et ce qui met « la relation » dans l’allégorie, dans « l’image » que Glissant va garder pour longtemps.

Le début du dernier « Chant » signale la fin de tout « appel » : « O qu’il tarisse ! ». Le Paradis est bien définitivement perdu puisque le monde serait découvert :

L’appel ! O qu’il tarisse ! Et qu’il ne soit dans le désir ni un atoll ni une baie

[…]

Pour enflammer marins et moines, pèlerins du Jardin d’Or. (p. 125)

C’est un « Chant » profondément nostalgique dont la répétition fatiguée augmente la valeur (« la dernière » ; « ô ma fatigue » ; « pour une fois encore » et surtout la « douve » qui sépare encore le narrateur du vieux continent auquel il accoste lentement) et dont les acteurs sont sans espoir, sans lendemain : « fils de la terre du passé qui jadis fut terre à venir ». Et Gênes, d’où partit le corps de Colomb, répond plus par le « front de [ses] jetées » que dans « la mémoire de [ses] fils » (p. 127). Aussi, le narrateur épique décide-t-il de « cri[er] les Précurseurs » (Polo, Gama, Magellan). Puis il revient à la « Ville », l’interpellant « après la noce d’aventure » pour porter « de partout, cette lamentation du monde » : la fin de ce qui a porté l’espérance :

Et une Inde, laquelle ? en qui le rêve a son limon. (p. 128)

Il y aurait comme une désespérance du chant épique à conserver une « image », à imaginer encore des Indes. Toutefois le narrateur épique n’est pas en peine, semble-t-il, et c’est dans l’enthousiasme qu’il conclut :

C’est épaisseur des cieux et la dernière étoile convoitée,

C’est au coin de la lune l’oasis de l’infini

C’est liberté nourrissant l’homme, c’est la femme aimée

C’est pour un peuple qui gémit, l’écartement de la broussaille,

Pour un qui meurt c’est le silence et la beauté pour un qui vit,

Et c’est au cœur le nœud d’eau grise qui épie.

Là ! plus de plaine ! Où est la ville, ah, convoyez vos armadas sur le nouvel empire,

Frégates ! Une Inde encore, de raison démesurée, a pris le large

Avec ses hommes prévoyants. Ils se souviennent de ceux-là qui tinrent

Sur la première plage l’oraison de gloire et de fragilités.

Voici la plage, la nouvelle. Et elle avance pesamment dans la marée,

La mer ! ô la voici, épouse, à la proue, délaissant l’ancre.

Elle roule, très-unie : sur sa route non-saccagée.

O course ! Ces forêts, ces soleils vierges, ces écumes

Font une seule et même floraison ! Nos Indes sont

Par-delà toute rage et toute acclamation sur le rivage délaissées,

L’aurore, la clarté courant la vague désormais

Son soleil, de splendeur, mystère accoutumé, ô nef,

L’âpre douceur de l’horizon en la rumeur du flot,

Et l’éternelle fixation des jours et des sanglots. (p. 129-130)

Ce « final » montre que Glissant, contre toute déréliction, veut maintenir un « chant » qui prend sa source dans le mythe (« Une Inde encore ») plus que dans l’histoire : la tentative reste donc liée à la tradition qui veut que la poésie soit plus liée au mythe qu’à l’histoire. Nous verrons plus loin que sa définition de la poésie comme ethnotechnique est le maintien de cette fonction dévolue à la poésie ainsi que Ronsard le signalait en son temps, dans l’avis aux lecteurs de sa Franciade (1572)[3] :

L’Histoire reçoit seulement la chose comme elle est, ou fut, sans déguisure ni fard.

Le Poète qui écrit les choses comme elles sont, ne mérite pas tant que celui qui les feint, et se recule le plus qu’il lui est possible de l’historien ; non toutefois pour feindre une poésie fantastique comme celle de l’Arioste, en laquelle les membres sont aucunement beaux, mais le corps est tellement contrefait et monstrueux qu’il ressemble mieux aux rêveries d’un malade de fièvre continue qu’aux inventions d’un homme bien sain.

Ce que Boileau (Art poétique, v. 160-163)[4] confirmera :

D’un air plus grand encor la poésie épique,

Dans le vaste récit d’une longue action,

Se soutient par la fable et vit de fiction.

Reste que le poème épique est d’abord un problème poétique qu’on a intérêt à maintenir ainsi que, peut-être Victor Hugo le suggérait dans sa préface à la Légende des siècles :

L’auteur, sans diminuer la portée de l’histoire, veut constater la portée de la légende.

Le problème poétique est bien celui du rapport du légendaire et de l’historique. La tentative de Glissant est intéressante : ne lit-on pas, dans la litanie des présentatifs, l’alternance de la science et de la rêverie, du politique et de l’amour, du collectif et de l’individuel ? Mais la litanie s’achève sur cette « grise[rie] » : « au cœur le nœud d’eau grise qui épie » ! Aussi pourrait-on considérer cette litanie totalement du côté d’un légendaire qui nie l’historique, tellement elle est prise dans les clichés sans que de nouveaux poncifs soient découverts : « l’oasis de l’infini » fait sourire ; « liberté » — notons l’absence de déterminant — « nourrissant l’homme » est une image que les tyrans déchirent vite certes, mais que nous ne pouvons plus garder quand on sait que ce sont les hommes qui nourrissent la liberté…

La « raison démesurée » de Glissant est un bel oxymoron, quand la valeur cardinale de la virginité de « l’épouse » fait une belle allégorie (« sur sa route non-saccagée » et « ces soleils vierges » où la virginité est en chiasme attribuée aux héros mâles…), mais encore « l’aurore », cette vieille Muse avec sa « clarté », qui court après « son Soleil » : autant de figures qui viennent remplir le théâtre d’un vieux mythe, « l’éternelle fixation des jours et des sanglots ». La poésie qui fixe n’est plus langage mais monument mort : la poésie qui veut rester langage ne doit-elle pas plutôt fixer l’éternité des jours et des sanglots, c’est-à-dire ce qui est éternel dans l’instant, la circonstance ?

Nous pourrions signaler que le mythe est aussi du côté de l’insistance métrique qui bloque le vers de Glissant dans un retour régulier du six-syllabes et du huit-syllabes constituant les deux hémistiches d’un nouveau « vers héroïques »…

Il y a chez Glissant une sacralisation concomitante du mot et de la mesure qui sanctionne ce qu’il suggère lui-même :

[…] cette voix où je m’efforce […] (p. 120)

Tout le travail du poème est dans cet effort rhétorique d’une tenue que Le Sel noir continuera. Effort rhétorique qui pose une force oxymorique au principe du poème ainsi que Jad Hatem le signale[5] :

La noirceur du sel est donc le retournement de la saveur en torture, mortification.

Mais, sortant du détournement (al)chimique, nous lisons aussi, avec Jacques Berque[6], ce « sel de la terre », cette « nature longtemps prisonnière, qui veut renaître au monde » (p. 18). Ce que le spécialiste du monde et de la culture arabes généralise à tous les poètes de l’espace francophone qui entendent bien, selon lui, « servir […] leurs peuples qui ont tellement besoin de re-culturer leur Nature en re-naturant leur culture » (p. 15). Berque ne dit pas autre chose que ce que nous avons voulu suggérer relisant Les Indes : ce qui, des discours du commentaire au discours de l’œuvre, signale une tension si ce n’est une résolution entre « nature » et « culture » s’agissant du langage, du poème… et de l’essai. Nous pensons que Glissant fait entendre le poème épique quand il fait le plus tenir la tension alors qu’il échappe au poème pour le verser complètement dans le mythe quand il croit la résoudre :

Pour une fois encore je salue l’aube naissant sur un poème non connu et un désir ;

Bientôt la plaine aura cerné, d’un seul coup d’ailes, ce qui fut

Montagne et mer de l’espérance, et désirade où la souffrance gît. (Les Indes, p. 126)


[1]. L. Aragon, Les Yeux d’Elsa (1942), Paris, Seghers, 2002, p. 16.

[2]. Les passages en italiques sont de Glissant ils proviennent des « programmes » de chaque « chant ».

[3]. P. de Ronsard, Œuvres complètes, éd. de P. Laumonier, R. Lebègue et I. Silver, STFM, 1914 à 1974, 20 volumes.

[4]. N. Boileau, Œuvres complètes, éd. A. Adam et F. Escal, « Pléiade », Gallimard, 1966.

[5]. J. Hatem, « Glissant ou l’alchimie de la création poétique », dans Notre Librairie, op. cit., p. 54.

[6]. J. Berque, « Préface » dans É. Glissant, Le Sel noir, Paris, Poésie/Gallimard, 1983, p. 7-18.

jeudi 20 janvier 2011

Habilitation à diriger des recherches: Documents à l'appui. Relation de voix


Les "Documents à l'appui" présentés pour l'habilitation à diriger des recherches sous le titre "Relations de voix" venaient compléter l'essai Poétique de la relation Poétique de la voix et précédaient un essai inédit sur la revue de Georges Lambrichs Les Cahiers du Chemin.
Je les ai présentés ici dans plusieurs posts et pour en faciliter l'accès, on retrouvera ci-dessous l'ordre de lecture:
L'introduction: bibliographie analytique des travaux de recherche
3. archives, enseignement, revues =>
Les ouvrages: enjeux et réception =>
Les contributions: contextes et résonances =>
La conclusion, la bibliographie des travaux présentés et une bibliographie générale pour l'ensemble des travaux et leur présentation => http://martinritman.blogspot.com/2011/01/conclusion-serecueillir-bibliographie.html

Sommaire

Tome 2

1. Introduction : bibliographie analytique des travaux de recherche 9

1.1.Travaux monographiques en poésie contemporaine 25

1.2.Travaux thématiques en théorie littéraire 73

1.3.Travaux spécialisés dans des domaines impliquant la littérature 114

2. Ouvrages : enjeux et réceptions 142

2.1. Publier une thèse : fils et spirales 147

2.2. Étendre un problème : spécificités et spécialisations 177

2.3. Resserrer une conceptualisation : fonds et vies 234

Tome 3

3. Contributions : contextes et résonances 284

3.1. S’associer aux recherches : reprises et déprises 302

3.1.1. Introduction

3.1.2. Les écritures, les lectures

3.1.3. Les traductions, les situations

3.1.4. Conclusion

3.2. Transférer la recherche : entrées et sorties 430

3.2.1. Introduction

3.2.2. Les altérités

3.2.3. Les engagements

3.2.4. Conclusion

3.3. Transmettre les problèmes : décentrements et recentrages 525

3.3.1. Introduction

3.3.2. Poème : la relation romanesque

3.3.3. Poème : la relation didactique

3.3.4. Conclusion

4. Conclusion : (Se) Recueillir 625

Bibliographie et index 641

Bibliographie générale

Index

Conclusion: (se)recueillir & Bibliographie


Voici la fin des "Documents à l'appui" présentés pour l'habilitation à diriger des recherches sous le titre "Relations de voix" qui venaient compléter l'essai Poétique de la relation Poétique de la voix et précédaient un essai inédit sur la revue de Georges Lambrichs Les Cahiers du Chemin. Figurent donc ci-dessous la conclusion, la bibliographie des travaux présentés et une bibliographie générale pour l'ensemble des travaux et leur présentation. On trouvera le sommaire ici:http://martinritman.blogspot.com/2010/11/relations-de-voix-documents-lappui-pour.html

Préférer la relation de voix qui invente dans son récit un récitatif l’emportant sur le récit lui-même, tel aurait été le défi de cet ensemble de reprises. La préférer à ce que Karen Haddad-Wotling appelait un Tchitalnik, un « lecturier[1] ». Certes, l’auteure de cet article qui faisait l’éloge de « la fiction contre la servitude » en rappelant la controverse qu’ouvrent les positions de Dostoïevski en regard de celle de Tolstoï, touchait à un problème qui nous est cher et auxquels ont été confrontés ces grands auteurs russes : celui de la démocratisation ou plus simplement de l’accès à la culture des gens du peuple et des enfants.

Ce problème n’est toutefois pas celui que pose la constitution d’une bibliographie analytique des travaux d’un chercheur, laquelle est destinée non à un large public mais à des experts ou pour le moins des collègues qui certainement à un degré bien supérieur à l’auteur d’une telle présentation peuvent plus que facilement lire une telle relation y compris y déceler dans ses imperfections et ressassements ses éventuelles possibilités sans parler de ses impossibilités. Mais quelle que soit la qualité de ses lecteurs, cette présentation d’ouvrages et de contributions aurait pu s’inscrire dans un modèle proche du Tchitalnik. Ces ouvrages dévolus à des publics dont on sait d’avance ce qu’ils attendent, ce qu’ils sont capables de lire et surtout dont on assure la lecture d’avance voire dont on s’assure la lecture pour éviter quelque retour critique ou même simple remarque si ce n’est refus. Bref, ces ouvrages qui font tout pour ne pas remplir la condition première d’une liberté au principe même du lire. Cette condition première participe également au principe même de la relation – le (re)lier – comme imprévu et risque. Cet imprévu de la rencontre dans et par la lecture, c’est assez simplement ce que Proust notait : « On cherche à se dépayser en lisant, et les ouvriers sont aussi curieux des princes que les princes des ouvriers[2] ». Ce qui lui permettait d’établir la condition première que je viens d’évoquer pour qu’une lecture engage sa liberté qui est certainement aussi celle d’une écriture : « Il n’y a qu’une manière d’écrire pour tous, c’est d’écrire sans penser à personne ». Il ne s’agit pas d’écrire impersonnellement mais d’écrire sans figer l’interlocuteur éventuel, le lecteur potentiel dans une identité, quelle qu’elle soit. Y compris quand elle peut se hausser au niveau de l’expertise. Proust ne livre pas pour autant une méthode de l’adresse impersonnelle qui ainsi assurerait de ne pas tomber dans le panneau de ce que Haddad-Wotling appelle un Tchitalnik… Car il n’y en a pas autrement qu’à « se recueillir », « tout, à part, bas » comme dit Mallarmé dans l’exergue que j’ai choisi pour cette ultime contribution à cette relation. C’est-à-dire qu’il n’y en a pas autrement qu’à œuvrer le plus possible à un mode éthique plus qu’esthétique de la réticence, non comme posture mais comme attitude dans et par le langage dont le ressort est bien plus qu’une proclamation ou déclaration d’intention, « un acte exclusivement intérieur et secret », selon la proposition imprescriptible de Reverdy, qui paradoxalement est tout entier relation, « mouvement poétique ».

J’aurais donc essayé un tel recueillement où la concatenatio se redoublerait : la relation comme récit fictif de liens, d’une contribution à l’autre, serait portée par la relation comme activité continue d’un recueillement avec l’inconnu qui en préserve la spécificité par son accueil toujours secret. Espérer ceci c’est déjà partager un secret en sachant que la force du secret partagé fait la force du lien – et donc du (se) lire/lier ensemble.

Réticence, retenue : le travail d’écoute du poème-relation

« Réticence, retenue : le travail d’écoute du poème-relation » dans J. Michel et M. Braester (dir.), La Réticence dans des écritures poétiques et romanesque contemporaines, Paris, Bucarest, Jérusalem, éd. EST, Samuel Tastet éditeur, 2007, p. 13-24.


BIBLIOGRAPHIE

1. Liste des travaux présentés

On trouvera ci-dessous la liste des extraits d’ouvrages et des contributions (articles de revues ou chapitres d’ouvrages collectifs) à l’appui du dossier « Voix et relation » dans l’ordre d’apparition dans le dossier.

Sauf indication contraire, Serge Martin est l’auteur, il n’est donc pas indiqué.

1. « Pour une poétique de la relation » dans Gérard Dessons, Serge Martin et Pascal Michon (dir.), Henri Meschonnic, la pensée et le poème, In’Press, 2005, p. 186-201.

2. « Sommaire » et « Éclairages » dans Francis Ponge, Bertrand Lacoste, coll. « Référence », 1994 (sommaire).

3. « Sommaire » dans Nu(e) n° 37 (« Jacques Ancet »), Nice, éd. association des amis de la revue Nu(e), 2007.

4. « Sommaire » et « Ghérasim Luca à gorge dénouée… » dans Serge Martin (dir.) Avec Ghérasim Luca passionnément… (Actes de la journée d’étude « Ghérasim Luca à gorge dénouée », Université de Cergy-Pontoise, décembre 2004), Saint-Benoît-du-Sault, éd. Tarabuste, janvier 2006, p. 37-39.

5. (avec Gérard Dessons et Pascal Michon), « Sommaire » et « Avant-propos » dans Gérard Dessons, Serge Martin et Pascal Michon (dir.), Henri Meschonnic, la pensée et le poème, In’Press, 2005, p.7-8 et p. 13-18.

6. « Sommaire » et « Avec Bernard Noël, défier les assis(es) de la pensée » dans Serge Martin, Avec Bernard Noël toute rencontre est l’énigme, La Rochelle, Himeros/Rumeur des âges, 2004

7. « Table des matières » dans Serge Martin, La Poésie dans les soulèvements (avec Bernard Vargaftig), L’Harmattan, coll. « Esthétiques », 2001.

8. (avec Béatrice Bonhomme et Jacques Moulin), « Sommaire » et « Avec les poèmes de Bernard Vargaftig, l’énigme du vivant » dans Béatrice Bonhomme, Serge Martin et Jacques Moulin (dir.), Méthodes !, revue de littératures française et comparée semestrielle, n° 15 (Avec les poèmes de Bernard Vargaftig. L’énigme du vivant, Actes du colloque de Cerisy-la-Salle, juillet 2008), Vallongues, printemps 2009, p. 5 et p. 9-11.

9. (avec Jérôme Roger), « La critique pour mémoire – au présent », Le Français aujourd’hui, n° 160 (« La critique pour quoi faire ? », dossier coordonné par Serge Martin et Jérôme Roger), Armand Colin, mars 2008, p. 3-9.

10. (avec Isabelle Pécheyran), « Présentation », Le Français aujourd’hui n° 137 (« L’attention aux textes », dossier coordonné par Serge Martin et Isabelle Pécheyran), AFEF, avril 2002, p. 3-8.

11. (avec Philippe Païni), Présentation. Ces choses qui sont dans la voix », Le Français aujourd’hui n° 150 (« Voix, oralité de l’écriture », dossier coordonné par Serge Martin et Philippe Païni), Armand Colin, septembre 2005, p. 5-6.

12. (avec Marie-Claire Martin), Quelle littérature pour la jeunesse ?, coll. « 50 questions », Klincksieck, 2009, p. 56-59.

13. « Non l’expression mais la relation : avec des poèmes vers l’oralité », dans Philippe Clermont et Anne Schneider (dir.), Écoute mon papyrus, Littérature, oral et oralité (Actes du colloque « Littérature, oral, oralité », Université Marc Bloch, Strasbourg, avril 2005), Strasbourg, Scérén/CRDP d’Alsace, 2006, p. 241-252.

14. (avec Marie-Claire Martin), Les Poésies, l’école, P.U.F., « L’Éducateur », 1997, p. 45-53.

15. « Une poétique de la relation avec les poèmes au cœur d’une politique scolaire de la relation aujourd’hui » dans Enjeux, revue de didactique du français, n° 56, Namur, mars 2003, p. 23-29.

16. « Les revues meurent… et vivent toujours », Triages n° 20, Saint-Benoît-du-Sault, 2008, p. 5-6.

17. « Sommaire » et « Présentation » dans Rythmes amoureux. Cors, langage, poème, à paraître.

18. « Écrire une thèse pour penser la relation dans et par le langage » dans G. Saïd (éd.), Objectif : thèse, Université de Cergy-Pontoise, Centre de recherche « Texte/Histoire », Amiens, Encrage, 2005, p. 81-95.

19. « Sommaire » dans Serge Martin, L’Amour en fragments. Poétique de la relation critique, Arras, Artois Presses Université, « Manières de critiquer », 2004.

20. Daniel Delas, « Préface » dans Serge Martin, L’Amour en fragments. Poétique de la relation critique, Arras, Artois Presses Université, « Manières de critiquer », 2004, p. 7-8.

21. « Table des matières » dans Serge Martin, Langage et relation. Poétique de l’amour, L’Harmattan, « Anthropologie du monde occidental », 2006.

22. (avec Marie-Claire Martin), « 50 questions », « L’écriture à haute voix permet-elle aux adolescents de muer ? », « Faut-il égaliser les voix pour construire l’égalité ? », « Le critère de vérité suffit-il pour évaluer la littérature de jeunesse ? », « Les monstres sont-ils fréquentables », « Pourquoi certaines œuvres lues dans l’enfance restent-elles actives toute une vie ? » et « Le lecteur de littérature de jeunesse a-t-il de l’avenir ? » dans Serge Martin (avec Marie-Claire Martin), Quelle littérature pour la jeunesse ?, coll. « 50 questions », Klincksieck, 2009, p. 7-9 ; p. 61-64 ; p. 101-104 ; p. 106-109 et p. 163-171.

23. (avec Pierre Bruno, Max Butlen et Jacques David), « Sommaire », « Enseigner la littérature de jeunesse. Fondements, actualités, perspectives. Présentation » et Serge Martin, « Questions littéraires » dans Pierre Bruno, Max Butlen, Jacques David, Serge Martin (coord.), Enseigner la littérature de jeunesse, Armand Colin, « Le Français aujourd’hui », 2008, p. 3-6 et p. 187.

24. « Sommaire » et « Poèmes et poètes : le bonheur des rencontres » dans Serge Martin, La Poésie à plusieurs voix. Rencontres avec trente poètes d’aujourd’hui, préface de Jean-Pierre Siméon, Armand Colin, « Le Français aujourd’hui », 2010, p. 3-4 ; p. 13-26.

25. « Table des matières » et « Avec Daniel Delas » dans Serge Martin (dir.), Chercher les passages avec Daniel Delas, L’Harmattan, « Sémantiques », 2003, p. 21-28.

26. « Sommaire » et « Emile Benveniste aujourd’hui : la relation dans et par le langage » dans Serge Martin (dir.), Émile Benveniste pour vivre langage, Mont-de-Laval, L’Atelier du grand tétras, « Résonance générale. Essais pour la poétique », 2009, p. 91-103.

27. « Table des matières » et « Les états de la didactique du français » dans Serge Martin (dir.), Penser le langage Penser l’enseignement Avec Henri Meschonnic, Mont-de-Laval, L’Atelier du grand tétras, « Résonance générale : les essais pour la poétique », 2010, p. 37-46.

28. « Auteur, lecteur : la relation dans et par le langage », dans Modernités, n° 18 (« L’auteur entre biographie et mythographie »), Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2003, p. 271-283.

29. « La littérature de jeunesse : inventer sa critique en zone critique » dans Le Français aujourd’hui, n° 160 (« La critique pour quoi faire ? »), Armand Colin, mars 2008, p. 31-42.

30. « Pour une poétique relationnelle des lectures-performances » dans Traverses n° 8 (« Arts du langage, construire une transversalité », Actes des journées des 10 et 11 juin 2005, Université de Montpellier III »), Montpellier, LACIS- Université Paul Valéry-Montpellier III, 2006, p. 51-68.

31. « Penser le renard d’écriture dans la relation corps-langage » dans Cahiers Robinson n° 16 (« Renart de male escole »), Arras, Presses de l’Université d’Artois, 2004, p. 65-78.

32. « Les poèmes au cœur de l’enseignement du français », dans Le Français aujourd’hui n° 169 (« Enseigner la poésie avec les poèmes »), Armand Colin, juin 2010, p. 3-14.

33. « Le poème, un retour de vie. Actualités du Kaddish » dans M. Bercot et C. Mayaux (dir.), Poésie & Liturgie XIXe-XXe siècles, coll. « Littératures de langue française », Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New-York, Oxford, Wien, Peter Lang, 2006, p. 261-276.

34. « La traduction comme poème-relation avec Henri Meschonnic » dans B. Bonhomme et M. Symington (éds.), Le Rêve et la ruse dans la traduction de poésie, Honoré Champion, 2008, p. 131-143.

35. « Henri Meschonnic traducteur du Livre de Jonas : une relation de voix » dans Graphè n° 19 (« Le Livre de Jonas »), Arras, Artois Presses Université, 1er trimestre 2010, p. 201-216.

36. « Quelle danse pour le langage ? Quel langage pour la danse ? Vers Tadeusz Kantor » dans Théâtre/Public n° 189 (« Théâtre/Oracle » dirigé par Henri Meschonnic), Association Théâtre/Public, Gennevilliers, juin 2008, p. 68-74.

37. « Poème tout comme », Amastra-N-Gallar, n° 10 (« James Sacré »), Santiago de Compostela, automne 2005, p. 45-49.

38. « Frankétienne : la volubilité d’un oiseau écouté au phénakistiscope », Triages n° 20, Saint-Benoît-du-Sault, 2008, p. 140-145.

39. « Henri Meschonnic et Bernard Vargaftig : le poème relation de vie après l’extermination des juifs d’Europe » dans Annelise Schulte Nordholt (dir.), Témoignages de l’après-Auschwitz dans la littérature juive-française d’aujourd’hui. Enfants de survivants et survivants-enfants, « Faux titre n° 327 », Amsterdam / New York, Rodopi, décembre 2008, p. 136-150.

40. « Au-delà des banlieues, il y a des hommes libres » dans V. Houdart-Mérot et M.-M. Bertucci (dir.), Situations de banlieues. Enseignement, langues, cultures, Lyon, INRP, 2005, p. 175-185.

41. « Engagés, les poèmes-relations de Bernard Noël » dans F. Scotto (dir), Bernard Noël : le corps du verbe, Colloque de Cerisy, Lyon, ENS Éditions, 2008, p. 69-82.

42. « Entre communication et relation » dans E. Fraisse et V. Houdart-mérot (dir.) Les enseignants et la littérature : la transmission en question, Créteil, SCEREN, CRDP de Créteil, Université de Cergy-Pontoise, 2004, p. 275-288.

43. « Le poème, une éthique pour et par la relation rythmique (notes sur Henri Meschonnic et Ludwig Wittgenstein) » dans B. Bonhomme et M. Symington (éds.), Le Rythme dans la poésie et dans les arts, Interrogation philosophique et réalité artistique, Honoré Champion, 2005, p. 357-373.

44. « Les enfants de Le Clézio : des corps-langage fabuleux », Cahiers Robinson n° 23 (« Le Clézio aux lisières de l’enfance »), Université d’Artois, mars 2008, p. 77-88.

45. « Voisiner en poète : avec Henry Bauchau habité d’altérité » dans Catherine Mayaux et Myriam Watthee-Delmotte (éds.), Henry Bauchau : écrire pour habiter le monde, coll. « L’Imaginaire du texte », Saint-Denis, Presses Universitaires de Vincennes, 2009, p. 63-72.

46. « La prose pleine de proses de Bernanos ou l’invention d’une voix-relation » dans Laure Himy (dir.), Questions de style (« Vous avez dit prose ? »), Presses Universitaires de Caen, 2009.

47. « Donner la parole aux sans-voix », Le Français aujourd’hui n° 150 (« Voix, oralité de l’écriture »), Armand Colin, septembre 2005, p. 79-89.

48. « Vers le sujet du poème dans les lectures/écritures », Le Français aujourd’hui n° 153 (« Enseigner l’écriture littéraire »), Armand Colin, juin 2006, p. 53-59.

49. « Les albums, un problème pour la vie et la théorie du langage » dans Christiane Pintado, Florence Gaiotti et Bernadette Poulou (dir.), Modernités n° 28 (« L’album contemporain pour la jeunesse : nouvelles formes, nouveaux lecteurs ? »), Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, novembre 2008, p. 253-263.

50. « Il y a pli & pli. Penser avec le sujet du poème », Europe n° 851 (supplément au n° 850, « Littérature et philosophie »), mars 2000, p. 202-212.

51. « Réticence, retenue : le travail d’écoute du poème-relation » dans J. Michel et M. Braester (dir.), La Réticence dans des écritures poétiques et romanesque contemporaines, Bucarest, Jérusalem, éd. EST, Samuel Tastet éditeur, 2007, p. 13-24.


2. Bibliographie générale

Le choix fait ici consiste à séparer bibliographie primaire, à savoir les œuvres étudiées dans le cours des travaux considérés, et bibliographie secondaire, donc les ouvrages, parties d’ouvrages et articles ayant permis d’effectuer un travail critique sur les premières. On n’a pas voulu aller plus avant dans des distinctions soit disciplinaires soit génériques que les travaux considérés ne respectent pas toujours. Des auteurs ou des questions pourront donc se côtoyer alors que l’habitude les aurait tenu éloignésQuelques améliorations ont été apportées aux références bibliographiques de certaines publications et quelques défauts perdurent malgré nos recherches.

2.1. Bibliographie primaire

Ancet Jacques, La Dernière Phrase précédé de On cherche quelqu’un, Lettres vives, 2004.

Bauchau, Henry, L’Enfant bleu, Arles, Actes Sud, 2006.

—, Nous ne sommes pas séparés, Actes Sud, 2006.

Baucomont Jean et Soupault Philippe, Comptines de langue française, Seghers, 1961.

Baudelaire, Charles, « Le Joujou du pauvre » dans Le Spleen de Paris, Petits poëmes en prose, éd. Robert Kopp, Gallimard, « Poésie », 2006.

Bernanos, Georges, Sous le Soleil de Satan (1926), Pocket, 1994.

Boltanski, Christian, Kaddish, Paris-Musée / Gina Kehayoff Verlag, 1998.

Bonniol, Magali, Rien faire, L’École des loisirs, 2000.

Calaferte, Louis, Pièces baroques III, Saint-Claude-de-Diray, éditions Hesse, 1996.

Cathrine, Arnaud, Mon démon s’appelle Martin, L’École des loisirs, 2000.

Claudel, Paul, L’Échange dans J. Madaule et J. Petit (éd.), Œuvres complètes, Théâtre, tome 1, Coll. « Bibliothèque de la Pléiade », Gallimard, 1967.

Corentin, Philippe, Machin Chouette, L’École des loisirs, 2002.

Cormier, Robert, trad. Frédérique Pressmann, De la Tendresse (1997), L’École des loisirs, 1999.

Degroote, Ludovic, Pensée des morts, Saint-Benoît-du-Sault, Tarabuste, 2002.

Dreyfus, Ariane, Les Miettes de décembre, Chaillé-sous-les-Ormeaux, Le Dé bleu, 1997.

, Quelques branches vivantes, Flammarion, 2001.

Emaz, Antoine, Je ne, avec trad. en allemand par Anne-Sophie Petit-Emptaz et en arabe par Aïcha Arnaout, Rimbach, Verlag im Wald / Éditions En Forêt, 2001.

Ferdjoukh, Malika, Fais-moi peurr, L’Ecole des loisirs, « Medium », 1995.

François Paul, Butel Lucile (ill.), La Grande Panthère noire, Flammarion, « Les albums du Père Castor », 1968.

Frankétienne, L’Oiseau schizophone, éditions Jean-Michel Place, 1998.

—, D’un pur Silence inextinguible, La Roque-d’Antéron, Vents d’ailleurs, 2004.

Ginsberg Allen, traduction Mary Beach et Claude Pélieu, Kaddish, Christian Bourgois, 1993.

Guillevic Eugène, Terraqué (1945), Gallimard, « Poésie », 1968.

Heidsieck, Bernard, Canal street, 2001, Marseille, Al Dante (avec deux CD).

Kantor, Tadeusz, Le Théâtre et la mort, éd. de Denis Bablet, L’Âge d’homme, 1977.

, Métamorphoses, trad. du polonais par Jerzy Lisowski, Chêne/Hachette, Galerie de France, 1982.

Le Clézio, J.- M. G., L’Inconnu sur la terre, Gallimard, 1978.

, Mondo et autres histoires (1978), Gallimard, « Folio », 1982.

, Désert (1980), Gallimard, « Folio », 1985.

, Onitsha (1991), Folio, Gallimard, 2005.

, Étoile errante, Paris, Gallimard, 1992.

Lobel, Arnold, trad. par Adolphe Chagot, Oncle Éléphant (1981), L’École des loisirs, 1982.

Loizeau, Sophie, La nue-bête, Chambéry, Comp’Act, « La polygraphe », 2004.

Luca, Ghérasim, L'inventeur de l'amour suivi de La Mort morte [et d’un Appendice], José Corti, 1994.

, Héros-Limite suivi de Le Chant de la carpe et de Paralipomènes, Gallimard, « Poésie », 2001.

, Comment s’en sortir sans sortir, DVD (un récital télévisuel réalisé par Raoul Sangla, 1988), José Corti et Héros-Limite, 2008.

Meschonnic, Henri, Les Cinq Rouleaux, Gallimard, 1970.

, Dédicaces proverbes, Paris, Gallimard, 1972.

, Dans nos recommencements, Gallimard, 1976.

, Nous le passage, Lagrasse, Verdier, 1990.

, Combien de noms, L’Improviste, 1999.

, Je n’ai pas tout entendu, Liancourt/Reims, Dumerchez, 2000.

, Gloires, traduction des Psaumes, Desclée de Brouwer, 2001.

, Gloires, Traduction des Psaumes, Paris, Desclée de Brouwer, 2001.

, Au Commencement, traduction de la Genèse, Desclée de Brouwer, 2002.

, Les Noms, traduction de l’Exode, Desclée de Brouwer, 2003.

, Infiniment à venir, Liancourt/Reims, Dumerchez, 2004.

, Et il a appelé, traduction du Lévitique, Desclée de Brouwer, 2005.

, Tout entier visage, Orbey, Arfuyen, 2005.

Noël, Bernard, Le 19 octobre 1977 roman, Flammarion, 1979.

, Journal du regard, P.O.L, 1988.

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Oster, Christian, ill. d’Alan Mets, L’Abominable Histoire de la poule, L’école des loisirs, « Mouche », 1999.

Parant, Jean-Luc, Les Yeux MMDVI, Christian Bourgois, 1976.

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Prévert, Jacques, Œuvres complètes, éd. de D. Casiglia-Laster et A. Laster, Gallimard, « La Pléiade », t. 1, 1992 et t. 2, 1996.

Prigent, Christian, Commencement, roman, P.O.L, 1989.

Queneau, Raymond, ill. de Roger Blachon, Zazie dans le métro (1959), Gallimard Jeunesse, 1994.

Quignard, Pascal, ill. de Jean Garonnaire, Le Secret du domaine, Éditions de l’amitié, « François Ruy-Vidal », 1980 [repris chez Galilée en 2006 sous le titre L'enfant au visage couleur de la mort].

Ramos, Mario, Maman !, L’école des loisirs, 1999.

Rouzeau, Valérie, Pas revoir, Chaillé-sous-les-Ormeaux, Le Dé bleu, 1999.

, Neige rien, Le Muy, Unes, 2000.

, Va où, Cognac, Le temps qu’il fait, 2002.

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, Graminées, Le Seuil, « Poésie-Écrire », 1968.

, Paysage au fusil (cœur) une fontaine, Gallimard, « Cahiers de poésie 2 », 1976.

, Un brabant double avec des voiles, Nane Stern, 1977.

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, Écrire pour t’aimer ; à S.B., Marseille, André Dimanche, 1984.

, Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme), Le Castor astral et Le Noroît, 1986.

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, Viens, dit quelqu’un, Marseille, André Dimanche, 1996.

, La Nuit vient dans les yeux, Saint-Benoît-du-Sault, Tarabuste, 1996.

, Les Mots longtemps, qu’est-ce que le poème attend, Saint-Benoît-du-Sault, Tarabuste, 2003.

Sfar, Johan, Le Petit Prince, Gallimard, 2008.

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