mardi 1 janvier 2019

2019 : nos interférences

2019



les ronds-points devenus agoras
je te dis qu’on va souffler fort
circulez pas y’a tout à dire
démodent à toute vitesse les vieilles
rhétoriques des jeunes gestionnaires
en économie libérale hors-social
politique reste à trouver
au cœur de la colère les paroles
libres d’un vivre des égalités
solidaires sans les dualismes séparateurs
je respire à pleins poumons tes reprises
de vivante en utopie quotidienne
avec toute l’inventivité de nos peuples
rebelles qui passent les frontières
et tournent les ronds-points
à contre-sens des histoires officielles
tu me dis qu’on va faire résonance
ici et tout autour de nos méditerranées
ça tourne rondement avec 
nos interférences


Serge Ritman
avec tous mes vœux de bonheur et de santé


N.B. « Le progrès ne se loge pas dans la continuité du cours du temps, mais dans ses interférences : là où quelque chose de véritablement nouveau se fait sentir pour la première fois avec la sobriété de l’aube. »
Walter Benjamin, Paris, capitale du XIXesiècle.


vendredi 7 décembre 2018

Ghérasim Luca : soirée poétique le 12 décembre au Centre Georges Pompidou

PAROLES

SOIRÉE POÉTIQUE GHERASIM LUCA

« APOCALYPTIQUEMENT FORT »

à 18h30 (1h30)
Petite salle - Centre Pompidou, Paris
Entrée libre dans la limite des places disponibles
image
Gherasim Luca, « Sans titre », 1960
Ghérasim Luca est tout d’abord « un nom et un égarement », identité singulière, « hors la loi », poète apatride en perpétuelle transgression du langage poétique. Il entame une profonde transformation de l’écriture poétique, dans le registre des « ontophonies phonétiques », par des mots travaillés dans leur métamorphose incessante, « bégaiements poétiques » qui dissèquent le langage pour mieux démultiplier les sens. 
Né en 1913 à Bucarest, dans une culture plurilingue qui pratique sans distinction le roumain, le français, l’allemand et le yiddish, il participe à la dynamique éclectique et frondeuse de la deuxième vague avant-gardiste roumaine autour de la revue Alge [Algues]. Associé à la cause prolétaire, il arrive à Paris en 1938 où, en compagnie de Victor Brauner, Jacques Hérold et Gellu Naum se livre au rituel des cadavres exquis et à l’écriture automatique.
De retour à Bucarest en 1940, il forme le groupe surréaliste, avec Gellu Naum, Paul Pun, Dolfi Trost et Virgil Teodorescu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il cristallise les directions de sa pensée poétique, notamment les principes pour une conception « non-œdipienne » de la vie capable d’une transformation profonde du réel par la découverte du désir exacerbé et par la « négation de la négation ». Il choisit le français comme langue d’élection.
Figure culte et discrète, aimant le milieu artistique français, il collabore avec Edouard Jaguer, Alain Jouffroy, Claude Tarnaud, Georges Henein ou Gilles Ehrmann et réalise de nombreux livres-objets en complicité avec Victor Brauner, Jacques Hérold, Max Ernst, Wifredo Lam, Micheline Catti, Pol Bury et Piotr Kowalski. Poète d’une voix qui « s’onde » et d’une langue qui « s’oralise », il participe aux récitals et festivals de poésie – action dans le cadre du « Domaine Poétique » et Festum Fluxorum à Paris, Fylkingen à Stockholm, plus tard « Polyphonix », à Paris et à New York. 

Une soirée poétique en présence de :

Serge Martin, professeur des universités, Paris 3 Sorbonne - Nouvelle
Cristina de Simone, maître de conférence, Université de Caen
Krzysztof Fjalkowski, professeur à l’Université de Norwich
Denis Moscovici (sous-réserve)

Avec une lecture par Brigitte Goffart, comédienne


mercredi 7 novembre 2018

lundi 5 novembre 2018

si ton reflet tremble (avec Albert Marquet)


Le bassin du Roy au Havre 
Albert Marquet (Bordeaux, 1875 - Paris, 1947) Daté de 1906
Huile sur toile. H. 65 ; L. 80,5 cm, Musée des beaux-arts de Caen 

si ton reflet tremble alors
je plie la lumière 
en deux dans un 
recommencement
où l’eau agrandit le ciel jusqu’à
ce que mes voix basses rejoignent
tes beautés et si près comme 
une peau derrière quelle 
fenêtre ensoleillée
ou l’autre côté noirci d’ombre
peut-être tu fermes les yeux
oui c’est à l’ombre que je vois
tes yeux plein de larmes avec
un cil qui grandit et son double
alors tu me perds de vue pour 
vivre toutes nos illusions 
comme points de voix 
pour de vrai ainsi tout
le rose posé sur le vert 
en vermicules
qu’ils disent mais on 
l’aura bien vu
ici avec Marquet tu ne fais pas
dans l’ornement où je plonge
tellement vite
si ton reflet tremble

lundi 4 juin 2018

Ghérasim Luca, une voix inflammable : 8 et 9 juin

A l'occasion de la parution de l'essai Ghérasim Luca, une voix inflammable aux éditions Tarabuste (http://www.laboutiquedetarabuste.com/fr/collections/nouveaux-points-de-vue/martin-serge-gherasim-luca-une-voix-inflammable/22
) :

- en présence de Me Micheline Catti-Ghérasim Luca, discussion entre Philippe Païni et Serge Martin autour de l'oeuvre de Ghérasim Luca le 8 juin à 15h à l'Institut du monde anglophone ;

- signature sur le stand Tarabuste au marché de la poésie le 9 juin à 18h.



vendredi 1 juin 2018

Déborder les draps du lire (Philippe Païni)

Un grand merci à l'ami Philippe Païni pour sa lecture de Ta Résonance, ma retenue publiée dans Europe de mai 2018 dont voici les images :






dimanche 6 mai 2018

l'utopie de voir ensemble

avec Pierre Buraglio, un jour viendra (V. H.), Musée des Beaux-Arts de Caen , exposition « Murs », le 6 mai 2018



un jour viendra comme
si les nuages encadrés mais avec
des clins d’yeux au moins
deux s’étudiaient jusqu’à devenir
poèmes l’un blanc et l’autre gris
si ce n’est noir au mur
décadré lui le mur
avec tout
ton devenir entre
plaine jaunie et pied
de mur cet appareillage
reverdi tu deviens alors
l’utopie de voir ensemble
l’air et la lumière


samedi 5 mai 2018

dans ton odeur verte



l’écume mais ce serait
bave surnageant à même
la masse verte pleine
des noirceurs du rêve
à moins que les remous
ne fussent encore un mourir
dans ton odeur lumineuse
très loin sous l’étreinte
de noirceurs emmêlées
où j’hume les rondeurs
oscillantes de nos vacillements
et c’est tout le vert
de poussées impossibles
elles renversent et je te
sens parce que tu

m’engloutis



avec un tableau de Gérard Shlosser (Mes doigts sentent encore son sexe, 1983) au Musée des Beaux-Arts de Rennes le 4 avril 2018